Les utilisations intermédiaires des espaces laissés vacants

Depuis 2014, l'AURH accueille dans son équipe Sarah Dubeaux, doctorante en aménagement et urbanisme à l'École normale supérieure Ulm et à l'université de Kaiserslautern dans le cadre de sa thèse intitulée Les utilisations intermédiaires des espaces vacants dans les villes en décroissance, transfert allemand et mise en application havraise.
                                                                                                                                                                                                    Ce travail a pour objectif d'analyser la prise en compte des villes allemandes face à la décroissance et à leurs répercussions foncières dans une optique opérationnelle pour le Havre. C'est un travail de longue haleine qu'effectue Sarah Dubeaux, qui s'est penchée sur des textes français, anglais et allemands. A terme, ce travail se veut force de propositions et servira à la valorisation du territoire. La soutenance de la thèse est prévue en automne 2017.

Le sujet de la thèse

Par cette thèse de recherche appliquée soutenue financièrement par l'Association nationale de la recherche et de la technologie (ANRT), Sarah Dubeaux explore les différents rôles et gestions des espaces vacants et cherche à mettre en place une méthode de gestion foncière plus adaptée aux contextes de pression foncière existant dans les villes en décroissance. Cette méthode vise à utiliser ces moments d'attente en tant que tel en mettant en place un « urbanisme de l'intermédiaire » au sens spatial et temporel.

La thèse s'insère dans le phénomène relativement nouveau et de dimension mondiale des Shrinking Cities, les villes en décroissance. Analysé par des groupes de recherche internationaux comme le SCiRN, auquel Sarah Dubeaux est rattachée, le processus ne concerne pas uniquement les questions de dépeuplement : les caractéristiques économiques, immobilières, sociales et foncières sont aussi à prendre en compte dans différentes échelles d'espaces et de temps. En se positionnant dans une optique allemande, la thèse analyse l'appréhension positive du phénomène parfois même érigé comme une opportunité. Elle se focalise sur les utilisations intermédiaires, Zwischennutzungen (ZN), définies comme des outils d'aménagement en Allemagne pour gérer les espaces-temps de vacance.

Les terrains

Dans le but du bon déroulement de sa thèse, Sarah Dubeaux s'appuie sur plusieurs terrains d'études. Un premier séjour d'une semaine a eu lieu en avril 2014, à Berlin, sur le territoire de l'ancien aéroport de Tempelhof. Sur ce vaste terrain de 340 hectares, elle a ainsi analysé la mise en place par les pouvoirs publics d'utilisations temporaires cherchant à gérer le moment et l'espace de vacance.

L'année 2015 a été consacrée aux terrains allemands. L'analyse a porté plus particulièrement sur le rôle des acteurs publics et a souligné la richesse de l'expérience allemande, notamment grâce à la formalisation et la mise en place de Zwischennutzungen : des utilisations temporaires et/ou intermédiaires de ces espaces vacants.

L'année 2016 a été en partie occupée par l'étude des terrains havrais, la thèse ayant pour objectif une mise en application sur le territoire de l'AURH et plus particulièrement du Havre. Un focus sur les Quartiers Sud, terrain d'étude de Sarah Dubeaux, a été réalisé.