L'électromobilité dans l'estuaire de la Seine

Juillet 2019

Voiture électrique - Une borne de recharge tous les 15 kilomètres

Le Pôle métropolitain de l'estuaire de la Seine a organisé son premier séminaire Mobilités le 4 juillet 2019. Élus et collaborateurs des intercommunalités membres du pôle ont travaillé sur les pistes à imaginer pour optimiser les mobilités dans l'estuaire, en partenariat avec la Région Normandie.

Missionnée par le Pôle métropolitain, l'AURH a animé le séminaire en partenariat avec la Région Normandie. Ensemble, elles ont présenté : 

  • les grands enjeux des mobilités dans l'Estuaire de la Seine (électromobilité, mobilités douces, mobilités touristiques, mobilités du quotidien, en zones peu denses...) ;
  • les principales dispositions de la loi LOM notamment en matière de gouvernance entre les régions et les territoires ;
  • le plan transport 2020 de la région Normandie.

L'électromobilité est un enjeu fort des nouvelles mobilités. Dans l'Estuaire de la Seine, le maillage est bien ancré (un point de recharge disponible tous les 15 km environ) mais le manque d'homogénéité des conditions d'accès aux bornes vient limiter les mobilités interdépartementales des véhicules électriques au sein de l’Estuaire.

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Un maillage infrastructurel de haut niveau…

On compte 243 points de recharges pour véhicule électrique sur le territoire de l’Estuaire de la Seine.

Cela représente au total 287 bornes pour 877 prises réparties sur environ 480 places de stationnement.

Parmi eux, 212 sont accessibles au grand public, dont 183 sont accessibles tous les jours 24/24h.

Avec un point de recharge disponible tous les 15 km environ, soit pratiquement un point par commune (en particulier pour le département du Calvados), le maillage territorial de l’Estuaire est bien ancré.

Ces installations sont généralement réalisées par des organismes publics (en bleu sur la carte ci-dessous) locaux (collectivités) et départementaux (syndicats d’énergie), mais également par des acteurs privés (en rouge sur la carte ci-dessous) comme des centres commerciaux, des établissements d’hébergement ou bien encore des garages automobiles. Certains particuliers proposent également de mettre leur matériel à disposition en cas de dépannage, avec pour condition une réservation au préalable.

 

… Au dépend d’une cohérence territoriale des usages

Bien que l’on puisse affirmer que l’ancrage infrastructurel soit de très bon niveau sur l’Estuaire, il en est une situation toute autre quant aux conditions d’accès à ce service.

Les bornes d’initiatives privées proposent davantage la gratuité de la recharge (sous condition d’être client de l’établissement fréquenté) alors que les bornes d’initiatives publics proposent le plus souvent une tarification de la recharge et/ou du stationnement.

Chaque organisme dispose d’un système d’accès qui lui est propre, ce qui vient détériorer l’homogénéité de l’accès aux bornes, en particulier au niveau départemental. En effet, il existe une multitude de moyens d’accès aux bornes tels que des badges d’accès (généralement spécifiques aux gestionnaires des infrastructures) ou bien de manière moins répandue des applications mobiles ou encore via l’usage de la carte bancaire (en particulier dans le département de l’Eure et dans le sud du département du Calvados). Certains badges d’initiatives privées permettent l’accès aux bornes du département du Calvados et de la Seine-Maritime (sous réserve de la signature d’une convention avec les gestionnaires des infrastructures) mais ces derniers nécessitent un abonnement supplémentaire et d’être en possession d’une nouvelle carte pour l’usager.

Par ailleurs, certains modèles de voiture nécessitent une prise exclusive venant restreindre l’accès au grand public de certaines bornes.

Ce manque d’homogénéité vient limiter les mobilités interdépartementales des véhicules électriques au sein de l’Estuaire, et par conséquent vient remettre en cause le maillage infrastructurel de haut niveau du territoire.