Utilisations intermédiaires des espaces laissés vacants dans les villes en décroissance

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Entre 2014 et 2017, l’AURH a accueilli dans son équipe Sarah Dubeaux, doctorante en aménagement et urbanisme à l’École normale supérieure Ulm dans le cadre de sa thèse intitulée Les utilisations intermédiaires des espaces vacants dans les villes en décroissance, transfert et transférabilité entre l’Allemagne et la France.

L’objectif de ce travail était d’analyser la prise en compte de la décroissance urbaine côté allemand (à l’échelle de villes et de l’État), en particulier sur des aspects fonciers, afin de remettre dans une perspective opérationnelle le cas du Havre.

Sarah Dubeaux a soutenu sa thèse en décembre 2017 et obtenu le titre de Docteur en Aménagement et en Géographie.

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Résumé en quelques lignes

En France, la décroissance urbaine souffre encore d’une reconnaissance balbutiante à l’échelle nationale. Spatialement circonscrite, cette dynamique est toujours analysée comme un dysfonctionnement temporaire qui s’autorégulera.

Que ce soit dans les documents d’urbanisme ou par les mécanismes des finances publiques, la décroissance est un impensé qui handicape durement des villes comme Le Havre. Or, les instruments structurent la façon de poser un problème et les moyens d’y répondre. Les fondements d’organisation des villes s’appuient ainsi sur une injonction à la construction conduisant à un phénomène d’évitement des friches. Ce parti-pris coûteux conduit à sur-spécialiser le marché immobilier et paradoxalement à créer de la vacance, notamment de logements.

Selon le champ scientifique portant sur les villes en décroissance, l’Allemagne est une pionnière. La thèse propose d’examiner la mise en place d’autres stratégies quant au foncier et espaces vacants dans des villes de l’Est de l’Allemagne. À travers les cas de Berlin, Leipzig et Halle, l’analyse porte plus précisément sur les Zwischennutzungen (ZN), les utilisations intermédiaires ou temporaires, qui sont érigées au rang d’instrument dans le code de la construction. Ce travail met en lumière les limites d’un « modèle allemand » quant à la décroissance urbaine. Il interroge les mécanismes de circulation et d’édification de modèles urbains dans les villes en décroissance en fonction de différentes catégories d’acteurs : institutionnels, scientifiques et fondateurs de ZN.

Cette expérience, voire expérimentation, allemande permet toutefois d’interroger les pratiques havraises, voire de poser des éléments d’une reconfiguration de la politique foncière et immobilière de la ville. Les quartiers sud sont ici pris en exemple d’une hybridation possible entre les éléments allemands et les dynamiques havraises.

Les terrains

Dans le cadre de sa thèse, Sarah Dubeaux s'est appuyée sur plusieurs terrains d'études. Un premier séjour d'une semaine a eu lieu en avril 2014, à Berlin, sur le territoire de l'ancien aéroport de Tempelhof. Sur ce vaste terrain de 340 hectares, elle a ainsi analysé la mise en place par les pouvoirs publics d'utilisations temporaires cherchant à gérer le moment et l'espace de vacance.

L'année 2015 a été consacrée aux terrains allemands. L'analyse a porté plus particulièrement sur le rôle des acteurs publics et a souligné la richesse de l'expérience allemande, notamment grâce à la formalisation et la mise en place de Zwischennutzungen : des utilisations temporaires et/ou intermédiaires de ces espaces vacants.

L'année 2016 a été en partie occupée par l'étude des terrains havrais, la thèse ayant pour objectif une mise en application sur le territoire de l'AURH et plus particulièrement du Havre. Un focus sur les Quartiers Sud, terrain d'étude de Sarah Dubeaux, a été réalisé.