Travailler et résider dans l’estuaire de la seine - Un territoire sous l’influence des mobilités pendulaires
Les déplacements quotidiens et contraints, du domicile vers le lieu de travail, participent à façonner la mobilité dans l’estuaire de la Seine.
Quelle est l’intensité des déplacements intercommunaux ? Quels sont les pôles d’attraction majeurs et les zones de dépendance ?
Devant l’usage ultra dominant de la voiture, une question s’est ensuite naturellement posée quant au choix du mode de transport utilisé : la géographie l’emporte-t-elle sur la sociologie ?
Cette étude démontre que si le profil des actifs compte, il s’efface devant les réalités du territoire. À travers une classification des communes, découvrez comment l’éloignement du domicile et la configuration de l’espace dictent nos choix de déplacement.
* L’emploi au lieu de travail comptabilise l'ensemble des emplois (salariés et non-salariés) localisés sur un territoire donné, quelle que soit la commune de résidence du travailleur.
** Un actif occupé au lieu de résidence est un habitant du territoire qui a déclaré avoir un emploi au cours de la période de référence. L’emploi peut se situer en dehors du territoire de résidence.
Des intercommunalités de plus en plus interdépendantes
La période 2011-2022 consacre l’avènement d’un espace régional de plus en plus interconnecté, où les frontières administratives des intercommunalités s’effacent devant l’allongement des distances domicile-travail.
L’enjeu de l’aménagement réside désormais autant dans la gestion durable de la mobilité de ces « navetteurs » que dans leur relocalisation au plus près des bassins d’emploi afin de limiter les déplacements longues distances.
L’attractivité des pôles d’activité normands
Au-delà des échanges privilégiés avec les EPCI voisins, ce sont les trois grandes locomotives urbaines — Rouen, Le Havre et Caen — qui dictent la dynamique des échanges. Ce système de pôles, complété par Dieppe Maritime et Caux Seine agglo, confirme une forte polarisation de l’emploi sur l’axe Seine et le littoral.
Quand la localisation du travail écrase le profil social de l’actif
Pour mieux comprendre la mobilité des actifs de l’estuaire, nous avons analysé les facteurs pouvant influencer le choix du mode de transport. L’âge, la CSP, le secteur d’activité ou la localisation jouent-ils un rôle ?
L’analyse des corrélations montre que si ces critères socio-démographiques comptent, ils s’effacent devant une variable écrasante : la dimension géographique. Plus que le profil de l’individu, ce sont la configuration du territoire et la distance à parcourir qui dictent, en dernier ressort, le déplacement quotidien.
Typologie des communes : De la centralité urbaine à la campagne productive
Afin d’identifier des profils types de territoire, nous avons croisé dans une classification ascendante hiéarchique (CAH) les caractéristiques des actifs (âge, CSP, secteur d’activité) avec leurs habitudes de mobilité (mode de transport utilisé, lieu de travail).
L’analyse ne se limite pas à observer les comportements majoritaires. Elle s’appuie sur le concept de surreprésentation pour identifier les caractéristiques qui sont nettement plus présentes dans un groupe.
Cette méthode statistique a permis de regrouper les communes de l’estuaire en croisant trois dimensions indissociables du quotidien :
La géographie des flux : où les actifs vont-ils travailler (commune de résidence, reste de l’EPCI ou extérieur) ?
Le profil des actifs : qui sont-ils (âge, CSP, secteur d’activité) ?
Le choix modal : quels moyens de transport utilisent-ils pour leurs déplacements professionnels ?
5 Profils de communes se dégagent :
- Les acteurs des centralités urbaines (38 communes)
- Les forces vives du territoire périurbain (181 communes)
- Les moteurs de l’entrepreneuriat local (71 communes)
- Les pendulaires des franges périurbaines (344 communes)
- Les actifs des campagnes productives (59 communes)
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